[AAEALO] Retour sur la visite guidée du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois
Le 2 mai dernier, les participants de la visite guidée du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois ont découvert un lieu de mémoire exceptionnel, niché au cœur de l’Essonne. Considérée comme la plus importante nécropole orthodoxe hors de Russie, cette dernière constitue un témoignage unique de l’émigration russe du XXe siècle et de l’histoire des exilés ayant trouvé refuge en France après la Révolution de 1917.
Par un bel après-midi de printemps, les visiteurs ont d’abord découvert l’église Notre-Dame-de-la-Dormition (Assomption), édifiée entre 1938 et 1939, où sont célébrés cérémonies funéraires et offices paroissiaux. Avec sa coupole caractéristique et son architecture adoptant le style de Novgorod du XVème siècle, l’édifice occupe une place centrale dans la vie spirituelle de la communauté orthodoxe.
Eglise Notre-Dame-de-la-Dormition de Sainte-Geneviève-des-Bois
Le groupe a également eu le privilège de visiter la crypte située sous l’église ainsi que la quarantaine de peintures murales récemment restaurées entre février et septembre 2024. Réalisées à partir de 1945 par Albert Benois, architecte de l’église, ces fresques remarquables avaient été longtemps soustraites au regard du public, la crypte étant restée fermée pendant plusieurs décennies en raison de problèmes d’humidité.
La crypte
Les anciens élèves et amis des Langues O’ ont ensuite parcouru les allées ombragées du cimetière au rythme des commentaires passionnants d’Oxana Kompaniets, guide et membre du comité pour l’entretien des sépultures orthodoxes. Au fil de la promenade, elle a retracé l’histoire de cette communauté russe exilée, évoquant ses traditions et ses figures marquantes.
Parmi les quelque 5 200 tombes que compte la nécropole, les participants ont découvert les sépultures de nombreuses personnalités du monde artistique, littéraire et politique : les danseurs Rudolf Noureev et Serge Lifar, le cinéaste Andreï Tarkovski, les écrivains Viktor Nekrassov et Ivan Bounine (prix Nobel de littérature), Léonid Lifar, typographe du premier volume de L’Archipel du Goulag, ou encore Basile Makhlakoff, directeur de l’Office central des réfugiés russes de 1930 à 1957.

Cette visite a permis de mieux comprendre le destin des émigrés russes, leur contribution à la vie culturelle française ainsi que la richesse de l’architecture funéraire orthodoxe.


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