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Portrait d'alumni : Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo, diplomate, expert international en Bonne Gouvernance, avocat honoraire au Barreau de Paris et professeur d'Aïkido

Parcours d'alumni

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13/01/2021

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo a étudié le chinois et le commerce international à l'Inalco. Aujourd'hui avocat honoraire au Barreau de Paris, président du Groupe Action pour la Bonne Gouvernance et professeur d'Aïkido, il nous raconte son parcours et revient sur ses années à l'Inalco. 


Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo


Pourquoi avoir choisi l'Inalco pour vos études ?


Les questions internationales me passionnaient et en 1969, quand il m'a fallu entreprendre mes études universitaires, c’est sans hésiter que, parallèlement aux études de droit en vue d’embrasser une carrière juridique, j’ai choisi les Langues O’ pour y apprendre le chinois, étant convaincu que la Chine allait devenir la grande puissance dominante du XXIème siècle. En tant qu’auditeur libre et pour compléter ma culture sur l’Asie extrême-orientale et du Sud-Est, j’étais également résolu à en savoir d'avantage sur le Japon et sur l’ensemble Indonésie-Malaisie, cette dernière région étant la région-mère du peuplement malgache. Et bien entendu, je voulais aussi me replonger dans les études malgaches au sein des Langues O’ !  



Quel cursus avez-vous suivi à l'Inalco ?


J’ai suivi le cursus complet de chinois jusqu’au diplôme supérieur (équivalent actuel du master je crois) avec une spécialisation en commerce international au sein du CPEI. 


J’ajoute que, m’étant naïvement étonné qu’aux Langues O’, aucun enseignement n’était consacré aux arts martiaux, avec mes amis de l’« Aiglon » (association des étudiants des Langues O’) j’ai créé LOAM (Langues O’ Arts Martiaux) en y incluant le Kung-Fu, le Tai Qi Quan, le Shorinji Kempo et l’Aïkido. Les cours ont connu un réel succès et étaient assurés par des experts reconnus dans chacune de ces disciplines dans le gymnase de l’Université Paris-Dauphine. Je me permets de lancer ici un appel afin que de tels cours puissent à nouveau être proposés !



Quel a été votre parcours après l'Inalco ?


Comme indiqué plus haut, parallèlement à l’Inalco, j’avais entrepris des études complètes de droit à l’Université Paris II jusqu’à la licence (1972), puis à l’Université Paris I pour le doctorat (1977). 


À ces égards, je m’étais toujours efforcé de faire le lien entre mes deux cursus (oriental et juridique), ce qui s’était traduit par le fait que mon mémoire de Diplôme d’Etudes Supérieures (DES, équivalent aujourd’hui du Master 2, il me semble) de droit international public était consacré en 1974 au « Contrôle des investissements étrangers au Japon », et ma thèse de doctorat en 1976 à « La conception chinoise du droit international ». 


Enfin, puisqu’il fallait penser à embrasser une carrière « digne de ce nom », je m’étais inscrit, à la fois au cycle préparatoire au concours de secrétaire des affaires étrangères - cadre d'Orient de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, en choisissant chinois en première langue et malgache en deuxième, et à l’Institut d’Etudes Judiciaires de l’Université Paris I en vue du CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat). Pour l’anecdote, j’étais admissible aux deux concours, mais les épreuves d’admission pour le CAPA ayant été programmées à des dates plus rapprochées que celles pour être secrétaire des affaires étrangères cadre d'Orient, j’ai choisi la « prudence » en me consacrant à fond au CAPA (obtenu en 1977) et en abandonnant à grands regrets la perspective de devenir diplomate français.


Comme quoi, le choix d’une carrière tient quelques fois à peu de chose… Mais finalement, je n'ai pas eu trop de regret par la suite puisque le métier d’avocat m’a grandement servi pour devenir, plusieurs années après, ambassadeur malgache, mais certes pas français, car ma double nationalité aurait pu le permettre.


Enfin, j’ajoute que ma triple formation orientale, juridique et internationale m’a amené à enseigner et à animer des séminaires auprès de certaines universités et écoles de commerce en province, et auprès de grands groupes d’entreprises ou d’organismes publics sur des thématiques relatives aux systèmes institutionnels de la Chine, du Japon et du monde francophone, mais aussi relatives aux questions géopolitiques, diplomatiques, de droit international public et à la dimension interculturelle. 


Par ailleurs, étant avocat à la Cour de Paris et étant pratiquement le seul à parler à peu près bien chinois au Barreau, nous avons créé au milieu des années 1980, avec le très regretté bâtonnier Mario Stasi et une petite poignée d’avocats, l’Association franco-chinoise pour le droit économique (AFCDE) au sein du Barreau de Paris. La profession d’avocat étant à peine en gestation en Chine, l’AFCDE a eu un rôle précurseur pour favoriser l’éclosion de cette profession, et en 1987 les premiers bâtonniers chinois furent les invités d’honneur du monde judiciaire lors de la traditionnelle rentrée du stage des avocats au Palais de Justice de Paris. Souvenirs inoubliables… Aujourd’hui l’AFCDE poursuit ses activités, notamment en matière de conférences sur le droit chinois, sous la présidence de Maître Jacques Sagot.   


Last but not least - sinon vous pourriez être lassés par mes évocations ! - comme j’ai toujours pensé que le corps et l’esprit devaient aller de pair, je n’ai jamais cessé de pratiquer l’Aïkido que j’avais commencé aux Langues O'. Là aussi, faisant la synthèse de mes différentes formations et alliant pratique personnelle et responsabilités collectives, j’ai successivement assumé la charge de membre du bureau de la première Fédération française d’Aïkido au niveau national et de conseiller juridique de la Fédération Européenne d’Aïkido, tout en enseignant l’Aïkido au grade de 5ème dan.  


Que je n’oublie pas de rappeler ici les années que j’ai passées à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris où, pour approfondir ma culture et mes connaissances, j’avais adoré suivre les cours/séminaires en sociologie politique du Professeur Vernant. Là, je m’initiais avec beaucoup d’attention aux exigences de la recherche. Seul un emploi du temps bien trop chargé m’avait empêché de poursuivre plus loin mes recherches, avec beaucoup de regret.   



Dans quel domaine évoluez-vous aujourd'hui ?


Aujourd’hui, après plus 44 ans de carrière dans les domaines évoqués plus haut, je suis avocat honoraire au Barreau de Paris, expert international en matière de Bonne Gouvernance et toujours professeur d’Aïkido. 



Que vous ont apporté vos études à l'Inalco dans votre parcours professionnel et/ou vie personnelle ?


D’une façon générale, je pense que les ouvertures culturelles et spirituelles que m’ont permis les enseignements reçus aux Langues O’ sont fondamentales. Je ne peux qu’inciter tout un chacun à s’en convaincre, surtout en ces temps où à nouveau, comme dans un cycle qui se renouvelle, l’Asie renaît pour cadencer le rythme des évolutions au niveau mondial, et ce dans tous les domaines : spirituel, culturel, matériel, économique… 


Un bon souvenir à l'Inalco ?


J’ai tellement de bons souvenirs que c’est tout un mémoire qu’il faudrait écrire ! Je plaisante à peine, car véritablement j’ai passé aux Langues O’ de merveilleux moments. Je m’y suis éclaté ! Surtout comparativement au caractère austère et quelque peu « académique » des années passées en d’autres lieux universitaires.



Aujourd'hui, quel est votre lien à l'Inalco ?


Je n’ai plus de lien particulier à l’Inalco, sauf une certaine nostalgie… Mais j’avoue que de temps à autre je retourne bien volontiers à l’Inalco comme pour y pratiquer une sorte de pèlerinage !

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