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Portrait d'alumni : Zohra Bouchenak, chargée de mission à la présidence d’un établissement public sous tutelle du ministère des Solidarités et de la Santé

Parcours d'alumni

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02/12/2020

Zohra Bouchenak a étudié l'arabe littéral à l'Inalco. Aujourd'hui chargée de mission à la présidence d'un établissement public sous tutelle du ministère des Solidarités et de la Santé, elle nous raconte son parcours et revient sur son année à l'Inalco.



Pourquoi avoir choisi l'Inalco pour vos études ? 

Après un cursus de premier cycle en Langues étrangères appliquées (LEA) anglais-arabe avec une spécialisation en économie à la Sorbonne Paris IV, j’ai voulu approfondir une des deux langues. Après quelques tergiversations, j’ai finalement laissé le cœur décider et c’est donc l’arabe littéral que j’ai choisi. Pourquoi avoir quitté la Sorbonne pour l’Inalco ? Tout simplement parce qu’en plus de l’apprentissage de l’arabe littéral, nous y avons la possibilité de nous perfectionner en dialectes arabes du Maghreb et du Moyen-Orient, ce qui est assez singulier en France me semble-t-il. Pour moi, il était inconcevable d’étudier cette langue et sa civilisation en omettant les dialectes qui s’y associent. L’arabe parlé et l’arabe écrit standardisé ne sont qu’un ensemble de continuum linguistique avec leurs similitudes et leurs disparités.

De plus, mes nombreux voyages, ma curiosité et mes dispositions à l’apprentissage des langues, m’ont tout naturellement amenée vers l’étude pratique des dialectes dans toutes leurs diversités. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la compréhension des liens entre les dialectes par les théories émises en sociolinguistique et en dialectologie et leur relation avec les phénomènes intrinsèques à toute société que sont les religions, la géographie, l’histoire ainsi que les influences externes telles que les invasions, les colonisations, les migrations ou les exils.


Quel cursus avez-vous suivi à l'Inalco ? 

A l’époque j’ai suivi la troisième année du DULCO, ce qui équivaut à la deuxième année de DEUG. J’ai dû quitter l’Inalco à l’issue pour des raisons familiales et pour continuer mes études en licence et maitrise à Aix-en-Provence.


Quel a été votre parcours après l'Inalco ? 

J’ai d’abord suivi une licence en Langue, Littérature et civilisation arabe pour non débutants avant d’obtenir une bourse de mérite du ministère de l’Education nationale afin de suivre un stage annuel en immersion au Département d’Etudes de l’arabe du Caire (DEAC) en Egypte. Cette année a été très enrichissante et décisive pour la suite. Outre la maitrise du dialecte égyptien, dialecte compris et utilisé par la plupart des locuteurs arabophones, et plus largement de l’appropriation de la culture moyen-orientale ; cette étape a été pour moi un tournant humain fondamental et venait compléter mes connaissances en dialectes du Maghreb m’offrant ainsi la possibilité d’étendre ma palette linguistique. 

Suite à l’obtention de ma maitrise, j’ai poursuivi mes études en master II en études politiques à l’IEP d’Aix-en-Provence avec une spécialité en management interculturel et médiation religieuse afin de compléter ma formation initiale et donner plus de profondeur et du relief à mon cursus. 

Après avoir tenté ma chance aux concours de CAPES et d’Agrégation d’arabe sans grand enthousiasme, c’est vers la traduction et l’interprétation que je me suis dirigée. D’abord pour le ministère de la Défense français, où j’ai encore élargi ma palette de dialectes arabes d’Afrique. Puis, j’ai créé mon cabinet de conseil en intelligence économique et stratégique après une formation complémentaire tout en conservant mes activités en traduction et interprétation notamment en tant qu’expert judiciaire-interprète assermentée en arabe soudanais et tchadien près la Cour d’Appel de Paris. Voulant sans cesse m’améliorer et apprendre de nouvelles disciplines, je me suis perfectionnée en sûreté des entreprises en tant qu’auditrice à la session nationale « protection des entreprises et intelligence économique » à l’INHESJ, établissement public rattaché aux services du Premier ministre.


Dans quel domaine évoluez-vous aujourd'hui ? 

Riche de mon expérience et de mes compétences diverses et variées, c’est au ministère des Solidarités et de la Santé que je mets à contribution, dans un parfait syncrétisme, mon savoir-faire. Outre des compétences en analyse politique et économique, ce sont aussi mes compétences linguistiques qui sont dévolues au suivi de problématiques d’intérêt majeur.

Je ne suis pas moins ravie que mes compétences linguistiques aient pu être reconnues à leur juste valeur, surtout dans le contexte actuel. L’apprentissage d’une langue, quelle qu’elle soit ouvre les horizons et développe l’esprit critique. Elle n’enferme pas bien au contraire. On ignore souvent que l’apprentissage d’une lague étrangère nous confronte à notre propre langue maternelle ou langue première dans le cas d’un bilinguisme et à nos propres valeurs. Cela ne peut qu’aider à améliorer la maitrise des règles grammaticales de sa langue source, et in fine de la connaissance de soi.


Que vous ont apporté vos études à l'Inalco dans votre parcours professionnel et/ou vie personnelle ? 

L’Inalco jouit d’une très bonne réputation et c’est bien mérité. Les anciens de l’Inalco se plaisent à se rencontrer et se reconnaissent comme s’ils étaient membres d’une même tribu, signe de la qualité reconnue de ses enseignements et de l’esprit école qui prédomine. Comme je le disais plus haut, c’est à l’Inalco que j’ai commencé l’étude pratique des dialectes en complément de l’arabe littéral et que j’ai aussi appris qu’une grammaire écrite existait pour tous les dialectes, ce qui leur confère une stature similaire à celle d’une langue ce qui est très valorisant pour ses locuteurs.


Un bon souvenir à l'Inalco ? 

Des cours souvent plein à craquer dépassant largement la capacité d’accueil des salles, mais dans un esprit bon enfant et avec une convivialité propice aux échanges entre apprenants de tous horizons. Je me souviens d’un échange avec un étudiant maltais qui étudiait le dialecte tunisien, nous avons pu établir des similitudes avec les dialectes maghrébins. C’est toujours très amusant et enrichissant.


Aujourd'hui, quel est votre lien à l'Inalco ? 

Aujourd’hui je suis les nouvelles de l’Inalco avec beaucoup d’attention et garde un lien particulier avec certains alumni. Une vraie bouffée d’air. 

J’ai déjà fait appel aux services de l’Inalco dans le cadre d’un recrutement et je pense me tourner toujours en priorité vers le réseau Inalco en cas de besoin en ressources humaines compte tenu de la qualité des enseignements, de l’esprit et de la culture de la maison.





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