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ALUMNI INALCO - Le réseau des langues O

Rencontre avec 3 alumni engagés pour la solidarité

  • 1 oct. 2018
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  • Catégorie : Parcours d'alumni
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De gauche à droite : Arthur Picart, Hena Javaid et Alice Herait, membres du CEEL 


Trois anciens élèves de l'Inalco – Alice Herait (relations internationales et chinois 2017), Hena Javaid (coréen 2011) et Arthur Picart (didactique des langues, chinois et mongol 2016) – font partie du CEEL (Collectif d’entraide et d’échanges linguistiques). Sur le modèle des cafés langues, ils veulent faire se rencontrer natifs et personnes qui étudient leur langue. Cela prend la forme de rencontres hebdomadaires, ludiques et ouvertes à tous, et d’un festival – le Ceelstival – qui se tiendra le samedi 6 octobre 2018 à Montreuil.

Retour sur leurs parcours.


Quels cursus avez-vous suivis à l’Inalco et pourquoi ce choix ?


Alice : Au moment de choisir mon orientation post-bac, je n’étais pas très au clair avec mes ambitions professionnelles. J’avais pris option chinois au lycée. Ayant toujours aimé voyager et rêvant d’aller en Asie, je me suis dit que quitte à me laisser un an pour réfléchir à mon futur métier, continuer à apprendre cette langue ne pouvait qu’être un atout pour mon avenir, quel qu’il soit. Finalement, passion oblige, il m’a fallu deux ans de licence et un an d’échange à Taïwan pour me diriger vers les relations internationales et le monde du journalisme 


Hena : J'ai choisi d’étudier le coréen à l’Inalco car j'ai commencé par hasard à me passionner pour la culture asiatique pendant mes années de lycée. J'ai découvert la culture coréenne grâce à Internet. J'ai trouvé la langue et la culture intrigante, complexe et à la fois attirante, ce qui m'a donné envie de me lancer le défi d'apprendre cette langue. J'ai grandi dans une famille multiculturelle, c'est certainement de là que vient mon attrait pour les langues, la découverte des cultures du monde et l'Inalco était l'endroit rêvé pour ça.


Arthur : J'ai étudié le chinois parce que cette culture m'intriguait : en plus d'être très éloignée de la nôtre, je la trouvais importante. Par ailleurs, la Mongolie m'a toujours beaucoup attiré, d'abord pour son histoire ancienne mais aussi pour le mode de vie traditionnel de ses habitants, d'où le choix d'apprendre le mongol. En plus de ces cours de langues, j'ai aussi suivi un cursus de Français Langue Etrangère. 



Qu'est-ce que vos études à l'Inalco vous ont apporté dans votre vie personnelle et/ou votre parcours professionnel ?


Alice : Comme prévu, la pratique du chinois s’est révélée être une réelle force dans mon métier. Les collègues sinophones sont rares et l’Asie reste généralement peu couverte par les médias francophones. Il y a un vrai manque à gagner de ce côté-là. Le Master Relations internationales de l’Inalco m’a ensuite apporté de bonnes capacités de recherche et une certaine expertise dans ce domaine, ce qui est loin d’être négligeable pour une journaliste et m'a permis de contribuer à Asialyst, à France 24, au Monde diplomatique et à Streetpress.com.


Hena : Mes études m'ont apporté une certaine ouverture d'esprit et une ouverture au monde. Par des rencontres informelles avec des étudiants d'autres langues, j'ai pu en apprendre davantage sur d'autres régions du monde. Ces études m'ont aussi permis de réaliser ma première mobilité internationale à Séoul, qui fut une expérience exceptionnelle.
Après l’Inalco, j'ai choisi de poursuivre mes études en management international. Je suis aujourd'hui chargée de projet service civique au sein de l'association Concordia. Même si je n'utilise pas le coréen dans ma profession actuelle, cela a été un élément indispensable dans mon parcours et m’a permis de découvrir le milieu de la solidarité internationale dans lequel je m’épanouis aujourd’hui.


Arthur : Mon apprentissage des langues m'a permis d'entretenir ma curiosité à l'égard des autres cultures. Grâce à ma formation en FLE, j'occupe aujourd'hui le poste de professeur de français au centre de formation de la Croix-rouge française, au sein du projet ESIRAS (projet financé par la commission européenne, qui vise à faciliter l'inclusion sociale et l'accès à l'emploi aux personnes réfugiées en Ile-de-France), pour lequel une compréhension des autres cultures peut être nécessaire.



En plus de vos vies professionnelles, vous avez fondé le CEEL avec d'autres anciens élèves de l'Inalco, pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?


Le CEEL (Collectif d’entraide et d’échanges linguistiques) est un espace de rencontres interculturelles. Chaque samedi, nous nous réunissons au Point Bar, un café du 18ème arrondissement pour des échanges culturels et linguistiques autour de jeux et d’ateliers de conversations.


L’idée du CEEL est venue d’un constat : en 2014, encore étudiants à l’Inalco, nous donnions des cours de FLE à la Croix-Rouge du 18ème. Nous trouvions qu’il y avait quelque chose d’absurde dans nos deux activités. D’un côté, nous consacrions la plupart de notre temps à apprendre la langue et la culture d’un pays lointain, et attendions une bourse au voyage pour pouvoir la pratiquer directement. De l’autre, nous nous sommes rendus compte que beaucoup d’étrangers qui travaillaient à Paris et venaient prendre des cours de français restaient très isolés et n’avaient presque aucun contact avec la société française. Ils n’avaient aucune occasion de pratiquer la langue dans un contexte "plaisant", c’est-à-dire autre que pour des démarches administratives ou acheter à manger. 


Arthur a donc proposé d'établir une plateforme afin de créer la rencontre : c’est ainsi que sont nés les "Rendez-vous du CEEL". Plus qu’un simple rendez-vous linguistique, ces samedis passés au café sont devenus de vrais lieux d’échanges culturels. Au fur et à mesure, nous sommes devenus une vraie bande de copains qui s’élargit en permanence. Certains viennent pour peaufiner leur français, d’autres pour réviser leurs cours d’arabe, aidés de natifs. D’autres viennent tout simplement pour découvrir de nouvelles cultures. Étonnamment, l’idée séduit aussi en dehors de l’Inalco. Nous organisons des soirées à thème, des sorties au musée, au théâtre… Mais surtout, nous organisons le Ceelstival, un festival interculturel, pour mettre en valeur les activités de notre association et celles de nos partenaires à travers des ateliers linguistiques, culturels, culinaires et musicaux. Notre prochaine édition aura lieu le samedi 6 octobre à Montreuil, c’est un événement gratuit et ouvert à tous


Retrouvez le CEEL sur Facebook et rejoignez l'événement du Ceelstival en cliquant ici.



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