Léon Beaulieux (1876-1965) — deuxième président de l’AAÉALO
Originaire de l'Indre ayant préparé le baccalauréat au lycée de Châteauroux, Léon Beaulieux fait - après un passage par le lycée Louis-le-Grand - des études de lettres classiques à la Sorbonne (achevées en 1900) tout en préparant une licence en droit (1902), comme c’était souvent le cas à cette époque, et en s'adonnant au journalisme pour gagner sa vie, à l'agence Havas (ancêtre de l'AFP) et adhérant à l'Association des journalistes parisiens.
Léon Beaulieux entre dans les études slaves à l'ENLOV sous la direction de Paul Boyer
Dans le contexte des guerres balkaniques de 1912 et 1913, Beaulieux s'inscrit à l’École des langues orientales. Il se consacre d’abord à l’apprentissage du russe auprès de Paul Boyer puis du vieux slave (avec Antoine Meillet à l'École pratique des hautes études). Il écrit un mémoire sur la grammaire du russe – sur « l’extension des pluriels masculins en -á (-já) en russe moderne » – qualifié de « petit chef d'œuvre » par son maître.

Boyer le nomme secrétaire-bibliothécaire de l’École en 1913. Interprète en Russie à partir de 1917, il y est retenu jusqu’en 1920. Il continuera à enseigner le russe à l’École supérieure de Guerre jusqu’en 1939, puis après sa retraite à l’université de Bordeaux.
Il se consacre ensuite aux études bulgares... et à l'AAÉALO !
Mais à son retour de Russie, il se lance dans l’étude du bulgare sous la direction du philologue et historien Jordan Ivanov, spécialiste des études cyrillo-méthodiennes récemment arrivé à Paris. Il écrit pour l’Institut d’études slaves une Grammaire de la langue bulgare avec la collaboration du grand intellectuel Stefan Mladenov, membre de l’Académie bulgare.

Une chaire de bulgare, qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1947, est créée en 1933 à l’ENLOV à son profit.
Dès les années 1920, Léon Beaulieux appuie également Paul Boyer dans la création et le développement de l’AAÉALO. Après la disparition tragique de Joseph Hackin, il accepte d’en prendre la présidence jusqu’à sa retraite, laissant en 1947 le poste au diplomate Pierre-Eugène Gilbert, suppléé par André Mirambel, professeur de grec et futur administrateur de l'École.
Léon Beaulieux était notamment officier de la Légion d'honneur et membre de l’Académie bulgare.
Illustrations familiales
Son frère Charles (1872–1957) était conservateur en chef de la bibliothèque de la Sorbonne.
Son fils Amédée (1904–1981) qui étudia le siamois et le chinois à l’École, fut notamment ambassadeur à Taipei, consul général à Hong Kong et ambassadeur en Somalie et au Pakistan.
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